[PODCAST🎙] L’effet barbecue

ThÚme 6 : La durabilité

Depuis quelques annĂ©es, le mot « durabilité » est dĂ©clinĂ© sous toutes les formes dans les discours politiques et mĂ©diatiques. On parle de dĂ©veloppement durable, de mobilitĂ© durable, de ville durable, de futur durable mais aussi de tourisme, de gastronomie, d’alimentation, d’agriculture, de finance, de marketing et mĂȘme de croissance durable. La notion de durabilitĂ© traite de la maniĂšre dont une sociĂ©tĂ© gĂšre ses ressources naturelles mais aussi son capital humain, financier, physique. La durabilitĂ© est cependant sujette Ă  une fracture conceptuelle, deux courants s’opposent : ceux qui la voient comme un changement complet de paradigme et ceux qui veulent revoir les pratiques Ă©tablies sans les remettre en question. Les partisans de la durabilitĂ© forte donnent la prioritĂ© Ă  l’environnement, estimant que l’activitĂ© humaine doit ĂȘtre limitĂ©e pour prĂ©server la planĂšte. A l’inverse, la durabilitĂ© faible se place du cĂŽtĂ© de l’humanitĂ©, faisant le pari que la technique et le progrĂšs permettent de limiter la dĂ©gradation observĂ©e de l’environnement. C’est cette derniĂšre vision qui semble faire consensus parmi les dĂ©cideurs politiques, notamment pour le sujet qui nous intĂ©resse ici : la mobilitĂ©.

Épisode  2 – L’effet barbecue

Ce deuxiĂšme Ă©pisode porte sur les liens entre la mobilitĂ© et ses impacts environnementaux et les types de territoires et formes urbaines qui la gĂ©nĂšrent. Les formes urbaines et territoriales sont, en effet, associĂ©es Ă  des formes de mobilitĂ© et Ă  des impacts environnementaux diffĂ©rents en la matiĂšre. Et dans ce domaine, une association est largement connue : compacitĂ© = durabilitĂ© des mobilitĂ©s. Mais les vertus de la compacitĂ© sont-elles toujours valables alors que nos dĂ©placements sont de plus en plus libĂ©rĂ©s des contraintes du monde du travail et relĂšvent d’abord du motif loisirs ?

L’Ă©pisode est ainsi l’occasion de s’intĂ©resser particuliĂšrement Ă  l’hypothĂšse de compensation ou d’effet barbecue formulĂ©e il y a quelques annĂ©es.  Celle-ci suggĂšre que les rĂ©sidents du pĂ©riurbain bĂ©nĂ©ficieraient d’un environnement plus agrĂ©able pour leurs loisirs alors que les citadins centraux seraient, eux, davantage contraints Ă  se dĂ©placer pour profiter de la nature et du calme absent de leur cadre de vie. Les habitants des centres-villes partiraient s’aĂ©rer loin en quĂȘte d’espace et de nature alors que les habitants du pĂ©riurbain profiteraient de leur jardin pour inviter leurs voisins autour d’un barbecue. DĂšs lors, en raison de l’impact environnemental trĂšs important des mobilitĂ©s de loisirs, la compacitĂ© ne serait in fine plus si vertueuse. En nous appuyant sur les rĂ©sultats de recherches dĂ©taillĂ©es sur cette question, nous expliquons pourquoi cette hypothĂšse n’est pas valable et pourquoi la compacitĂ© reste la forme la plus vertueuse en matiĂšre de mobilitĂ©, mĂȘme en intĂ©grant la mobilitĂ© de loisirs.

Références

MunafĂČ, SĂ©bastien; Thommen, Swann, »Cadres de vie, modes de vie et mobilitĂ©s de loisir », Forum des Vies Mobiles, EPFL : https://fr.forumviesmobiles.org/projet/2016/10/17/cadres-vie-modes-vie-et-mobilites-loisir-2694

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