Autopartage : quels impacts du service Autolib’ sur l’usage des deux-roues motorisés ?

Contexte

La part des déplacements réalisés en deux-roues motorisés n’a cessé d’augmenter dans l’agglomération parisienne. La dernière  Enquête Globale Transport (EGT) confirme d’ailleurs cette tendance : les déplacements en deuxroues motorisés ont augmenté de près de 34% depuis 2001 en Ile-de-France. Aujourd’hui, le deux-roues motorisé n’est plus simplement un véhicule de loisir, il devient un véritable outil de mobilité urbaine et l’EGT le confirme en soulignant que plus de la moitié des déplacements en deuxroues motorisés sont liés au travail.

La dernière étude réalisée par 6t sur le service d’autopartage Autolib’ nous a permis de nous interroger sur les effets d’un tel service sur les comportements des usagers en termes de mobilité. Les résultats ont montré que de manière générale que le passage à Autolib’ capte des déplacements autrefois réalisés avec d’autres modes de transport comme le montre le tableau ci-dessous; mais plus précisément quand est-il de l’impact d’Autolib’ sur l’usage du deux-roues motorisé ?

Diapositive1Source : 6t-Bureau de Recherche, 2014

Autolib’ contribue à une diminution de l’usage des deux-roues motorisés 

 D’une part, le parc de deux-roues motorisés des inscrits à Autolib’ diminue de 15% alors qu’il stagne chez Mobizen. D’autre part, la fréquence d’usage quotidienne des deux roues motorisés baisse de 42% chez les usagers d’Autolib’, alors qu’elle ne change pas pour les usagers des autres services d’autopartage.

Afin de mieux comprendre la diminution de l’usage du deux-roues motorisé et d’obtenir des résultats significatifs, nous avons donc effectué les regroupements suivants :

  • la catégorie « diminution » regroupe les répondants qui se sont séparés de l’ensemble des deux-roues motorisés de leur ménage suite à leur inscription à Autolib’, ainsi que les répondants qui en possèdent encore un ou plusieurs, mais dont la fréquence d’usage d’un deux-roues motorisé a diminué suite à leur inscription ;
  • la catégorie « pas de changement » regroupe les répondants qui étaient équipés d’un ou plusieurs deux-roues motorisés avant leur inscription à Autolib’, qui en sont encore équipés et dont la fréquence d’usage d’un deux-roues motorisé n’a pas évolué suite à leur inscription ;
  • la catégorie « augmentation » regroupe les répondants qui n’étaient pas équipés d’un deux-roues motorisé avant leur inscription à Autolib’ et en possèdent désormais un ou plusieurs dans leur ménage, ainsi que les répondants qui en possédaient déjà avant leur inscription et en font un usage plus fréquent depuis leur inscription. Cependant, cette catégorie ne regroupe que 5 répondants et n’a donc pas été prise en compte dans nos analyses. 

Les répondants dont l’usage du deux-roues motorisé diminue suite à leur inscription à Autolib’ sont des personnes qui utilisent le service très fréquemment : 20 % l’utilisent tous les jours ou presque et 51 % l’utilisent deux à trois fois par semaine, contre respectivement 5 % et 32 % pour les répondants dont la fréquence d’usage du deux-roues motorisé n’a pas évolué. On peut donc supposer qu’il existe un effet de substitution entre Autolib’ et les deux-roues motorisés.

Figure 1 : fréquence d’usage du service Autolib’ selon l’évolution de l’usage du deux-roues motorisé

F1Source : 6t-Bureau de Recherche, 2014, 101 répondants possédant ou ayant possédé un ou plusieurs deux-roues motorisés dans leur ménage

Cependant, les répondants qui utilisent moins le deux-roues motorisé ont aussi tendance à se séparer de leur voiture : la part d’entre eux qui ne possède aucune voiture passe de 34 % à 59 % suite à leur inscription à Autolib’. Parmi les répondants dont l’usage du deux-roues motorisé n’évolue pas, l’augmentation de la part de ceux qui ne possèdent aucune voiture dans leur ménage est beaucoup plus faible, passant de 48 % à 54 %. La substitution entre Autolib’ et les deux-roues motorisés semble donc s’inscrire dans un mouvement plus large d’abandon des modes motorisés individuels.

Figure 2 : nombre de voitures possédées dans le ménage des répondants(en colonnes), avant (graphique du haut) et après (graphique du bas) l’inscription à Autolib’, selon l’évolution de l’usage du deux-roues motorisé (en lignes)

F3 F2Source : 6t-Bureau de Recherche, 2014, 101 répondants possédant ou ayant possédé un ou plusieurs deux-roues motorisés dans leur ménage

L’effet de substitution entre Autolib’ et les deux-roues motorisés s’exerce en priorité pour des trajets domicile-travail
 

Les répondants dont l’usage du deux-roues motorisé diminue suite à leur inscription à Autolib’ ont également tendance à utiliser plus fréquemment le service pour des trajets domicile-travail que ceux dont l’usage du deux-roues motorisé n’évolue pas. Cela ne se vérifie pas sur les autres motifs d’usage d’Autolib’. L’effet de substitution entre Autolib’ et les deux-roues motorisés pourrait donc s’exercer en priorité pour des trajets domicile-travail.

Figure 3 : fréquence d’utilisation du service Autolib’ pour des trajets domicile-travail (en colonnes), selon l’évolution de l’usage du deux-roues motorisé (en lignes)

F4

Source : 6t-Bureau de Recherche, 2014, 101 répondants possédant ou ayant possédé un ou plusieurs deux-roues motorisés dans leur ménage

 Le service Autolib’ se substitue aux deux roues motorisés pour au moins une raison majeure. En effet, le phénomène peut s’expliquer par  la souplesse offerte par le système en trace directe qui répond aux attentes de flexibilité des utilisateurs de deux-roues motorisés: la possibilité de faire du « porte à porte » sans subir les contraintes liées au stationnement de la voiture; des avantages en matière de sécurité (accidentalité, vol, etc.).

Pour lire l’étude complète

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Source de l’article :

6t-bureau de recherche (2014), L’autopartage en trace directe : quelle alternative à la voiture particulière ? 

Credit photo: 6t-bureau de recherche, 2014

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