Déplacement : comment les usagers s’approprient leur temps de déplacement ? [Emergences #4]

À l’occasion du quatrième dossier de la rubrique « Emergences » de la revue Ville, Rail et Transports, les experts Emmanuel Ravalet (enseignant/chercheur au LASUR/EPFL) et François Adoue (doctorant/chargé d’études chez 6t) se penchent sur la question de l’appropriation du temps passé dans les transports en commun.

D’emblée, les deux auteurs soulignent le besoin de différencier le temps objectivement passé dans les transports et la perception que le voyageur en a:

Pour savoir quelles sont les activités réalisées dans les transports, le premier élément est le temps qu’il faut pour se déplacer, temps comptable, minuté, que la plupart des nouvelles infrastructures cherchent à minimiser. L’activité qu’il est possible de faire dépend directement de ce temps (…) Au delà de ce temps qu’il faut, parlons du temps qu’il fait (…) C’est le volet qualitatif du temps de déplacement.  S’approprier son temps de transport revient en fait à trouver une manière de concilier temps qu’il faut et temps qu’il fait pour faire diminuer le temps ressenti. 
– Emmanuel Ravalet
La perception du temps de déplacement influe autant que sa durée réelle sur le vécu du déplacement. Ce n’est donc pas seulement la durée « physique » qui détermine si le trajet sera perçu comme plus ou moins long ou plus ou moins pénible 
– François Adoue

Emmanuel Ravalet, dans son article « Prenons notre temps de transport en main »explique qu’avec la réduction du temps de déplacement ressenti, les gens seront prêts à faire des trajets quotidiens plus longs et donc à habiter plus loin. L’appropriation du temps de transport peut alors avoir un impact sur la morphologie urbaine.

François Adoue, dans son article « Le smartphone, nouveau compagnon de route du voyageur » choisit un autre angle d’attaque et se concentre sur les raisons de la quasi-omniprésence des smartphones comme nouveau compagnon de nos déplacements. Leur essor s’expliquerait par leur multifonctionnalité, ainsi que par leur souplesse d’usage (niveau de concentration, facilité d’usage en étant debout, etc.). Par ailleurs, les applications de données ouvertes (open data) poussent l’usager à se munir d’un smartphone pour pouvoir optimiser son déplacement en temps réel.


Crédit photo : Henk Koning 

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