Le marché et les usages des speedelecs

Une étude réalisée par 6t-bureau de recherche sur un co-financement 6t et ADEME

Contexte

Les speedelecs sont des vélos électriques dont l’assistance au pédalage permet d’atteindre une vitesse allant jusqu’à 45 km/h. On les appelle également vélos à assistance électrique (VAE) rapides puisqu’un VAE classique n’offre une assistance que jusqu’a 25 km/h. Les speedelecs permettent donc à leurs utilisateurs la possibilité d’allonger des déplacements effectués à vélo.

Grâce à leur vitesse accrue, les speedelecs pourraient représenter une solution de substitution à la voiture pour des trajets sur lesquels les vélos  classiques, voire même les VAE classiques sont trop lents. Ils pourraient également représenter une solution de décarbonation de la mobilité dans les espaces peu denses.

Dans ce contexte, il apparaît nécessaire de comprendre avec plus de précision à la fois le marché actuel du speedelec, les usages et représentations de ses utilisateurs, ainsi que d’évaluer le potentiel de ce nouveau moyen de transport.

Enjeux

Cette étude permet de répondre à 4 objectifs :

  • Analyser en détail le marché actuel du speedelec et synthétiser l’état des connaissances sur les impacts en termes sanitaire, environnemental et de sécurité.
  • Analyser le profil des acheteurs,  les motivations à l’achat et les usages du speedelec
  • Mieux cerner les impacts potentiels sur les pratiques de mobilité et fournir des recommandations de politiques publiques.
  • Définir le potentiel de substitution des trajets pendulaires en automobile par le speedelec en France, permettant de quantifier le potentiel de développement de ce mode et d’en préciser les espaces privilégiés.

Méthodologie

La première partie, état de l’art de cette étude repose sur :

  • une revue de la littérature scientifique et technique dédiée au marché et aux usages du speedelec
  • des entretiens formels réalisés auprès d’acteurs du vélo
  • une analyse statistique des immatriculations  avec un zoom sur le marché français et des entretiens informels avec des fabricants et revendeurs.

Une enquête qualitative a été réalisée auprès de 31 utilisateurs de speedelec, dont 20 en France, 5 en Suisse et 6 en Belgique.

L’étude quantitative a consisté en deux étapes :

  • l’analyse des coûts monétaires et des coûts généralisés c’est-à-dire comprenant également une estimation du coût du temps de déplacement de la mobilité domicile-travail en speedelec
  • l’exploitation des données du recensement de l’INSEE grâce à un algorithme de routing OSRM pour le calcul d’un potentiel de report modal.

Principaux résultats

  • Les utilisateurs de speedelecs sont majoritairement des hommes en activité plutôt âgés. Les speedelecs sont utilisés en priorité pour les trajets domicile-travail.
  • Quatre grandes raisons sont à l’origine de l’utilisation du speedelec : le plaisir (remplacer le vélo ou le VAE, faire du sport, pratiquer une mobilité plus hédonique), l’économie (démotorisation, économies de carburant), le temps (gagner en facilité de stationnement, gagner en temps de trajet, gagner en prévisibilité) et l’écologie (mettre en conformité sa pratique avec ses convictions).
  • On distingue quatre grands types d’acheteurs : l’hédoniste, l’optimisateur économique, l’optimisateur temporel et le militant écologiste.
  • Le rapport à la réglementation des speedelecs diffère entre les nationnalités : on observe en France un usage souvent revendicatif tandis qu’en Belgique et en Suisse, l’usage du vélo est davantage « mainstream » et respectueux des règles.
  • Les pistes cyclables peuvent être considérées comme un gêne lorsqu’il s’agit d’aller plus vite. Les utilisateurs se reportent alors sur la chaussée lorsqu’ils souhaitent exploiter au maximum la puissance de leur véhicule.
  • Les freins et barrières à l’achat d’un speedelec sont les suivantes : les craintes quant à l’autonomie, le prix et la réglementation contraignante en France.
  • Concernant le marché du speedelec en Europe, on constate des ventes marginales. Par exemple, en France le marché peine à décoller et se concentre dans les grandes villes et régions de montagne.
  • Le potentiel de report modal depuis la voiture est limité aux zones urbaines denses. En France, 12 à 13% des actifs qui vont travailler en voiture pourraient se reporter sur le speedelec. Ces chiffres doivent être interprétés comme un maximum absolu qui ne tient pas compte de la concurrence avec le vélo et le VAE sur les courts trajets (moins de 10 km) ni des contraintes budgétaires liées à l’achat d’un speedelec.

Pour télécharger le rapport (180 pages) et la synthèse :

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